Si j’augmente mon métabolisme, je brulerai plus de calories… Mythe ou réalité?

Si j’augmente mon métabolisme, je brulerai plus de calories… Mythe ou réalité?

Dans ce présent article, nous nous  pencherons sur une allégation largement utilisée par certains entraîneurs sportifs comme quoi le fait d’augmenter le métabolisme de base d’un individu lui permet de brûler plus de calories et ainsi avoir une incidence sur la perte de poids. Est-ce un mythe ou une évidence scientifique?

Tout d’abord, commençons par comprendre ce qu’est le métabolisme de base exactement. Aussi nommé métabolisme basal (MB), il représente la quantité d’énergie dépensée par l’organisme pour assurer ses fonctions vitales en état de repos (cerveau, cœur, foie, reins, etc.). Le métabolisme de base se mesure en kilocalorie (kcal), une unité généralement utilisée pour mesurer l’énergie. La quantité de kilocalories dépensée par le métabolisme est propre à chaque individu et diffère selon l’âge, la taille, la composition corporelle et différents paramètres de l’organisme. Nous pourrions comparer le métabolisme avec le fonctionnement d’un train à vapeur. Une locomotive a besoin de brûler du charbon pour avancer, tout comme notre organisme doit brûler des calories pour fonctionner. Par exemple, une femme de 25 ans mesurant 1,64 m et pesant 60 kg dépense environ 1350 kcal par jour alors qu’un homme du même âge mesurant 1,74 m et pesant 70 kg en dépense approximativement  1700 kcals par jour. Ces quantités d’énergie sont celles nécessaires uniquement aux fonctions vitales et n’incluent pas les calories dépensées durant l’activité physique et l’effet thermique des aliments.

Maintenant, sommes-nous capables d’arriver à brûler davantage de calories au repos en augmentant notre métabolisme de base? La réponse n’est ni noire ni blanche… Il est scientifiquement prouvé que l’activité physique occasionnera une augmentation du métabolisme proportionnelle à son intensité et sa durée. Après l’activité, le métabolisme demeurera plus rapide jusqu’au retour à l’état de repos, se traduisant par une dépense calorique plus élevée qu’à la normale pendant cette période. Revenons à l’exemple de la locomotive : pour accélérer, le train aura besoin d’une plus grande quantité de charbon dans sa chaudière et il continuera d’en consumer même si sa vitesse est diminuée. Toutefois, les chercheurs n’ont toujours pas réussi à chiffrer la durée précise que prend l’organisme pour revenir à son état de repos et combien d’énergie supplémentaire sera dépensée. Il faut en conclure que la dépense énergétique supplémentaire suite à une activité physique est temporaire et est influencée par la nature, l’intensité et la durée de l’activité ainsi que par les paramètres physiologiques tels que le sexe, l’âge et la masse musculaire du sujet. C’est pourquoi une pratique régulière d’activité physique sous les conseils d’un kinésiologue est la meilleure stratégie pour arriver à augmenter notre dépense calorique.

Donc, si la masse musculaire influence le métabolisme de base, qui lui, influence la dépense énergétique, pouvons-nous arriver à brûler plus de calories par jour en faisant un entraînement musculaire en hypertrophie (gain en volume musculaire)? Pour arriver à répondre à cette question, il suffit de faire le calcul suivant : prenons un sujet de 1,64 m ayant une masse maigre de 50 kg qui a un métabolisme basal de 1700 cal/jour. Sachant que seulement 20% de la dépense énergétique du métabolisme de base provient de la masse musculaire, notre sujet dépense 340 kcal (1700 kcal x 20%) grâce à sa masse maigre. Ainsi, chaque kilo de muscle consomme 6,8 kcal (340 kcal / 50kg) par jour. Alors, si notre sujet réussit à augmenter sa masse musculaire de 1 kg, il dépensera un maigre 7 kcal de plus par jour! Même une prise de masse exceptionnelle de 5 kg ne fait qu’augmenter la dépense journalière que de 34 calories.On peut donc conclure que l’augmentation de la masse musculaire chez un individu a un impact très négligeable sur le métabolisme de base.

Article rédigée par Lisa Rodrigue, finissante en kinésiologie à l’Université de Sherbrooke.

 

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